PIXEL MUSEUM... Il l'a fait !!!

Le premier musée consacré au jeu vidéo a ouvert ses portes au public le 25 février.

 

Cette annonce a mis le monde jeu vidéo en ébullition ! Nous avons interviewé Bertrand Brocard, président du CNJV, qui vient de visiter le Pixel-Museum et rencontrer son créateur dès son retour d'Alsace.

 

Trois jours après son ouverture, tu n'auras pas mis longtemps pour aller à Schiltigheim ! 

Je n’ai pas pu me rendre à l’inauguration mais je suis allé au Pixel-Museum le plus tôt possible ! Cela fait 20 ans que je suis impliqué dans des projets de ce type depuis l'idée de créer la Cité du Jeu Vidéo à Lyon et même avant. Depuis la création du Conservatoire National du Jeu Vidéo - CNJV je rencontre tous les acteurs qui sont impliqués dans ces projets ou des expositions, alors tu penses bien que cette annonce ne pouvait pas me laisser indifférent ; d'autant que c'est le premier musée du jeu vidéo.

C'est vraiment le premier ?

Oui, du moins en France... Et si l'on met de côté la tentative avortée au sommet de la Grande Arche de La Défense qui n'a jamais pu accueillir de public. L'idée de créer un musée est dans l'air depuis longtemps mais personne n'a réussi à concrétiser ce rêve. C'est pourtant ce qu'a réussi à faire Jérôme Hatton, son concepteur et son directeur.

Peux-tu nous le présenter ?

Il serait mieux placé pour le faire ! J'ai eu le plaisir d'avoir une longue discussion avec lui lors de ma visite. De formation ingénieur informatique et passionné de jeu vidéo, il est devenu collectionneur. En 25 ans, il a réuni une collection exceptionnelle qu'il a naturellement eu envie de valoriser en créant un musée. Le début d'une longue quête au cours de laquelle il a pu se confronter aux promesses des élus, aux rivalités politiques et aux désillusions qui ont suivi.

Mais comme son projet comportait un volet "formation" c'est finalement celui-là qui s'est concrétisé avec la création d'une école "Ludus Académie". Elle propose des formations de programmation, game-design et web-ingénerie dans deux établissements : à Strasbourg et à Bruxelles. Il a également créé une activité événementielle avec "Ludus Events" qui organise notamment le festival "Start to Play" à Strasbourg depuis 2014.

 

Cette expérience a-t-elle été utile pour la suite ?

Très certainement car l'organisation de ce genre d'événement permet de tester des concepts, créer un réseau, mobiliser les énergies. Le projet de musée était d’ailleurs à Strasbourg au départ mais c'est finalement à Schiltigheim que Jérôme a trouvé les appuis décisifs pour donner vie au musée qui est financé sur des fonds privés. 

La mairie de Schiltigheim a mis a disposition gratuitement, pour la première année, un  bâtiment qui abritait auparavant un centre médico-social, 1000 m2 qui ont nécessité quand même pas mal d'aménagements pour recevoir le public. 600 m2 sont déjà consacrés aux collections et aux expos temporaires. Il reste de la place pour une salle de conférence et un espace de co-working en projet. Le challenge c'est maintenant d'accueillir suffisamment de visiteurs. L'objectif est de 25000 pour cette année.

Tu nous fait visiter ?

Je comprends ton impatience mais il faudra faire le voyage et payer 9 € ! Pour te rassurer Schiltigheim n'est pas au fin fond de l'Alsace mais à quelques kilomètres du centre de Strasbourg. Après le TGV, il y a un bus direct qui t'amène au musée en une vingtaine de minutes. En attendant il faudra se contenter des quelques photos que j'ai rapportées et de visiter leur site Internet très bien fait. Le musée, sur deux niveaux, se compose de six espaces qui abritent les collections organisées selon la chronologie, depuis "Tennis for two" jusqu'à la Nintendo Switch.

Pas de scénographie spectaculaire, nous sommes dans un musée traditionnel avec de jolies vitrines bien éclairées et des panneaux trilingues qui évoquent les différentes périodes, les principaux fabricants, quelques créateurs et personnages emblématiques.

Quel est le degré d'interactivité ?

Les visiteurs peuvent jouer sur quelques machines et un certain nombre de bornes de démonstration venant de boutiques, quelques manips sont proposées sur écrans et des bornes d'arcade sont également jouables. Il faut rajouter les quatre ordinateurs disponibles dans la pièce consacrée aux jeux PC ainsi que l'oeuvre d'art interactive présente dans le hall d'entrée. Le nom exact est d'ailleurs "Musée du jeu vidéo, des loisirs connectés et de l’art vidéoludique".

Quel est ton avis après la visite ?

J'ai vraiment été bluffé car j'ai souvent été déçu de découvrir la réalité qui se cachait derrière les déclarations affichées. En venant j'étais un peu dans cet état d'esprit et j'ai été heureusement surpris.

Côté scénographie, je trouve que c'est une muséographie un peu trop traditionnelle avec un amoncellement d'objets. On sent l'envie d’en montrer le plus possible davantage que de délivrer un discours ou faire vivre une expérience. Par ailleurs, il s'agit d'un musée consacré essentiellement aux consoles. Sur 72 vitrines une seule abrite des micro-ordinateurs. Une dizaine et je ne crois même pas avoir vu un Atari 520 ST.

Je trouve dommage que cette spécificité hexagonale qu'a représentée la place des micro-ordinateurs dans la création française pendant la première décennie n'ait pas été traitée.

Mais ce petit bémol n'enlève rien à l'intérêt du musée !  Et le CNJV est prêt à les aider à combler cette lacune ;-)

Quelle est ta conclusion ?

Pixel-Museum est une très belle réalisation, un projet qui se veut vivant et dynamique. On peut espérer que cet exemple serve de catalyseur pour aider d'autres porteurs de projets.

La preuve  qu’un musée du jeu vidéo, c'est possible ! Et il a de la place pour plusieurs.

Pour sa part, sans attendre les opérations que nous pourrons mettre en place conjointement, le Conservatoire National du Jeu Vidéo - CNJV se réjouit de cette initiative et apporte son soutien au Pixel-Museum.

 

Encore bravo à Jérôme Hatton et son équipe pour leur ténacité, leur engagement et cette réalisation que nous encourageons tous les fans de jeux vidéo à venir visiter le plus tôt possible.

Pixel Museum

14, rue de Lattre de Tassigny

67300 Schiltigheim

www.pixel-museum.fr 

www.facebook.com/pixelmuseum 


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